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La Préparation          La Traversée

 
 


Le Lapon français est de retour ! Objectif réussi !

J’ai parcouru avec succès le massif du Kebnekaise en Laponie suédoise, fin mars début avril 2007.

Les tempêtes de neige, le blizzard m’ont accompagnés lors de mon cheminement sur la Kungsleden, mais cela n’a pas entaché ma motivation ! De mémoire de suédois, ça faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu un hiver aussi rigoureux… C’est souvent le discours qu’on entend, lorsque le temps est mauvais, mais ce qui est certain, c’est que les conditions n’étaient pas optimales pour les prises de vues, la méditation ou plus simplement la progression à ski !

La Kungsleden ou « voie royale » est l’itinéraire suédois le plus couru en été comme en hiver. Malgré cela, le skieur est bien isolé et les paysages grandioses contribuent à ce sentiment de solitude. Au cœur des montagnes lapones, l’aspect technique n’est pas primordial, mais ce qui compte c’est d’avancer, de tirer, et de tracter la pulka. Face aux vents, au cœur des éléments, il faut progresser… Progression sur le terrain : faire sa trace au cœur des vallées lapones en suivant un balisage bien indiqué. Mais c’est aussi une progression interne…. La nature impose ses règles et le trop plein d’énergie humain est vite balayé par les forces naturelles !

Le blanc et ses étendues, la luminosité, le souffle du vent frappent le visiteur. Ce dernier ne fait que traverser les lacs gelés, les vallées engourdies par la neige. Il marque avec ses spatules temporairement la neige. Derrière lui, le vent supprime ses empreintes en quelques instants.

Etrange sentiment de calme au plus fort de la tempête. Le visiteur s’arrête dans le blizzard, pour observer la neige transportée par le vent. Le paysage est si beau alors que les éléments secouent violemment le skieur. Est-ce le paradis ?

Internet, l’écrit, la communication permettent à l’aventurier urbain de marquer, de signer son aventure. Il relate ses péripéties en image, installe un décor, pour se raconter aux lecteurs. Bien que très marquée par l’activité humaine, la nature paraît tellement intacte pour l’individu isolé. Il n’a aucune prise sur elle. Il la subit et va chercher en elle sa vérité et ses émotions. Le sportif, le contemplatif, le curieux, le citadin ont chacun leur raison de traverser une étendue blanche, un désert ou une montagne mais leurs empreintes disparaissent instantanément derrière eux. L’aventurier face à la nature ne se raconte plus.

En ce qui me concerne, de multiples raisons confortent ma volonté de fouler les terres nordiques et arctiques. Ma détermination est encouragée par cette question : Quoi de plus beau que d’utiliser son énergie interne pour atteindre ses rêves ? L’homme est capable de mettre à son service des forces intérieures inexploitées…

Bienvenue dans le massif du Kebnekaise pour découvrir les neiges d’en haut.

 
 
29 mars : Grenoble - Kiruna

Journée de Transfert de Grenoble à Kiruna, ville minière aux portes de la Norvège.

Longue journée…puisque le dernier avion a du retard. Arrivée à Kiruna à 2 heures du matin. Le voyage commence à la sortie de l’aéroport : des sculptures en glace m’accueillent à la sortie !
En effet, Kiruna, c’est la ville où chaque hiver est construit un hôtel de glace. Il est très visité. Les touristes peuvent même y dormir ! (http://www.icehotel.com)

Tout le matériel est en bon état…Ma crainte était de retrouver la moitié du matériel ou que la pulka soit cassée.
Ce 29 mars, un peu d’appréhension me guette, mais rien de très sérieux. En effet, j’ai tellement misé sur ce projet que je veux qu’il aboutisse.

Pour ne pas me compliquer la vie, j’ai opté pour : une housse à ski, une pulka Fjellpulken et un sac marin de 80 litres. Je peux donc tout transporter en même temps.
 
 

30 mars : Kiruna – Abisko,  Jour du départ.

Réveil tôt le matin.
Au programme : trouver de l’essence pour le réchaud, faire des courses et prendre le train pour Abisko !

Les magasins n’ouvrent qu’à 10 heures. Je décide donc de prendre le dernier train à 15 h52.
Je trouve rapidement de l’essence C dans le premier magasin de sport venu. En ce qui concerne les vivres, le choix est un peu plus difficile. Il faut miser sur la valeur calorifique du produit sans que ce soit trop lourd et assez goûteux ! Vaste programme…15 h 52 : Le train prend du retard et me dépose à Abisko Turistation à 18 h !
Le voyage en train est magnifique. J’aperçois les contours de beaux sommets arrondis dont j’ignore les noms.

Depuis Kiruna le train « Connex » prend la direction ouest et longe le long lac glacé « Tornesträk »
18 h 00. Il est tard, je dois ranger la pulka, faire quelques kilomètres pour planter la tente.
L’habitude et l’organisation me permettent d’aller relativement vite.
La gare d’Abisko Turistation, n’est qu’une petite maisonnette à coté de la ligne Kiruna – Narvik (Norvège).

Narvik, la norvégienne, première ville de même importance qui se trouve au terminus de la ligne Kiruna – Narvik !
Je n’ai pas le temps de me rendre à Abisko même pour faire du tourisme.Dehors le vent est fort et la neige tombe. Le soleil fait de belles apparitions.
Altitude 384 mètres, - 5°C. Une belle couche de neige recouvre le sol !

Les trois premiers kilomètres sont très joyeux ! Je décide de planter la tente dans une forêt de bouleaux en direction d’Abiskojaure.

Une partie de la soirée est consacrée au test du matériel, quelques exercices de lecture de cartes et d’orientation.
Bivouac sous tente à la latitude 68°20 degré nord.

 
 

31 mars : Abisko – Abiskojaure

Le point particulier de cette journée est la traversée du lac Abiskojaure. Le début de l’étape se déroule principalement dans des forêts de bouleaux.

- 9°C le sol est gelé, la neige est humide….la neige colle aux skis. Le temps est mauvais et ne permet pas une bonne visibilité. Mais quel plaisir de progresser à travers ces forêts de bouleaux si typique des régions nordiques.Le lac est complètement gelé, ce qui permet de skier dessus et d’éviter de faire de long détour ! Mais qui dit « lac » dit large étendue glacée sans protection ! Et avec un vent de 70 Km/h et de la neige, il faut batailler.
La neige est très humide, mélange de pluie glacée et de neige, qui ne rend pas la progression très agréable.Je trouve un endroit pour planter la tente au calme. En effet, la forêt fait obstacle au vent.
Après le plantage de la tente, la neige tombe à gros flocons.
Je décide tout de même d’aller me promener à skis afin de découvrir mon environnement.
Ballade à travers les forêts clairsemées. J’ai la chance d’observer de très beaux lagopèdes blancs.
Je découvre les premières traces de Lapons ! Des huttes de terres et d’herbe près du lac !
Ce sont des installations d’été qui permettent aux Lapons de garder les troupeaux de rennes.

Le renne (Rangifer tarandus) appelé aussi caribou, est un cervidé des régions arctiques.
Dans le nord de l’Europe il a été domestiqué.

Aujourd’hui, j’ai parcouru en ski douze km en 3h 30. La vitesse correspond à mes estimations. Vitesse moyenne de 3,4 Km / h pour 300 mètres de dénivelé.
A cette période le soleil se couche à 19h 40 ce qui laisse un peu de temps avant les longues nuits fraiches sous la tente.

Je suis équipé d’une tente « 4 saisons » de forme géodésique  qui me permet d’appréhender le mauvais temps, le vent et les tempêtes de neige avec plus de sérénité qu’avec une tente classique !
 
 

01 Avril : Abiskojaure – Alesjaure


Après la neige la pluie ! Je n’en reviens pas. C’est inquiétant car je sais que cela ne va pas durer et que derrière, tout va regeler. Et c’est ce qui va arriver !Etape pénible de 22 km, ce jour, en partie sous la pluie et la neige. La neige est collante.
C’est une étape de montagne avec une longue traversée du lac Alesjaure.La progression est lente. Le vent est de face, il pleut, il neige, il grêle.

En soit, l’étape n’est pas difficile mais les conditions météorologiques sont épuisantes. Je fais à la mi-parcours une pause dos au vent. Une barre revigorante et une bonne lampée bon thé chaud et c’est reparti !La vision est magnifique, un paysage de montagnes aux contours arrondis  se déroule devant mes yeux.

Les rayons transpercent à plusieurs reprises les nuages. Au loin les montagnes enneigées s’illuminent à travers la brume. Une rafale de vent fait disparaître le tout en un instant.
Malgré le mauvais temps, je suis sur mes terres !J’ai hâte d’arriver non loin du refuge d’Alesjaure.

Le problème c’est le temps. Des rafales de 70 km rendent la progression difficile.
Je me demande où je vais pouvoir planter la tente. En effet, je n’ai face à moi que  des étendues planes  sans d’arbres.Je trouve une énorme congère à l’abri d’un rocher qui me permet de monter la tente plus facilement.

Mais qui dit congère dit accumulation de neige. Je le sais mais je préfère choisir les accumulations de neige sur la tente que le vent.Une fois la tente plantée, le vent se lève et la tempête débute. Il est 17 h 20, je ne sortirai plus de la tente !!!
 
 

02 Avril : Alesjaure - Salka

La tempête a fait rage toute la nuit.
A certain endroit la tente est plâtrée de neige.

Ce qui devait arriver, arriva ! Après l’humidité de la veille, le froid est réapparu et tout a gelé.
Lever à 6h30 du matin pour un départ à 8h30 heures.
Deux heures pour déjeuner, ranger, frotter le duvet couvert d’un léger duvet de givre.
Déplantage de la tente sous le blizzard. Je dois enlever la glace sur la tente à l’aide d’une brosse.
Au cours de ce raid le montage et le démontage de la tente sont des épreuves difficiles. Car cela impose des moments d’immobilité et un refroidissement rapide. C’est aussi un moment de stress. En effet, il faut faire attention de ne rien casser….faire attention que la tente ne s’envole pas.Au pliage méthodique de l’abri hivernal succède le rangement de la pulka. Il faut bien répartir les poids, pour éviter au maximum les renversements et surtout avoir une logique pour sortir en urgence la tente et les affaires obligatoires en cas de gros temps.

Toutefois j’ai sur moi un petit sac de 10 litres me permettant d’avoir près de moi des gants de rechange, une thermos de thé et quelques aliments pour me sustenter.J’ai autour du cou, un porte carte me permettant de me repérer.
Sur ce parcours de la Kungsleden, l’orientation ne pose aucun problème sachant que des croix rouges très rapprochées sont définitivement installées pour la progression.
Le GPS me servira uniquement à faire des statistiques et des exercices d’orientation.
C’est d’ailleurs l’objectif de ce raid : s’habituer au terrain, aux conditions et aux neiges nordiques.

A l’avenir, lors d’un raid plus engagé, le balisage ne sera pas présent pour m’assurer l’orientation !Il y a quelques personnes sur le parcours, mais il n’y a pas foule. On peut les apercevoir non loin des refuges qui ponctuent l’itinéraire.Le passage important, aujourd’hui, c’est le fameux col « Le Tjäktjapasset » situé à 1100 mètres d’altitude.

J’ai la chance au cœur du blizzard de rencontrer un troupeau de rennes. Il y a une centaine de têtes. Malgré le vent et le froid, je prends le temps de sortir la caméra…quelques traces par ci par là de rennes grattant la neige pour trouver de la nourriture.
Les traces disparaissent en quelques minutes sous l’effet du vent !

La fin de l’étape se fait dans de la poudreuse ne facilitant guère la progression.
Etape de 24 km (indication du GPS) parcouru en 7 heures sans compter les pauses.A la fin de l’étape le temps est relativement calme. Je suis fatigué, la journée à été longue.
Je n’ai pas le temps de déposer mon sac au sol qu’une tempête de neige se lève.
En quelques minutes la pulka est recouverte de neige. C’est dans ces conditions que je vais monter la tente. Un très bel exercice. Le but étant de fixer solidement la tente dans la neige.
Je fabrique un mur autour de la tente pour me protéger du blizzard.Je ne sortirai plus de la tente aujourd’hui !
 
 
03 avril : Sälka – Singi – Kebnekaise

- 8°C sous la tente, la tempête a fait rage toute la nuit. Pour ne pas être trop perturbé par le vent, j’écoute la nuit un peu de musique grâce à mon lecteur mp3.La neige s’est infiltrée partout. De la neige pulvérulente. Ce n’est pas la neige qui tombe mais la neige qui est soufflée par le vent. C’est une horreur. Dès que j’ouvre l’auvent pour faire la cuisine la neige virevolte dans la tente, sur le duvet et s’infiltre partout.
Avant de plier la tente, je vais devoir passer 30 minutes à enlever le givre et la neige dans la tente. Je pense déjà à la nuit suivante. Je n’ai pas envie de me coucher sur un tapis ou un duvet givré !Grosse journée dans le blizzard et les chutes de neige sont  moindres aujourd’hui.
Cette étape est descendante. En perdant de l’altitude, la neige se transforme en glace.
Une chute en fin de journée n’entame pas mon rythme de progression. Il faut se faufiler sur un parcours alternant « rivière gelée », neige fraîche et sol déneigé. Magnifique étape. Quelques éclaircies de quelques minutes me permettent d’apercevoir et d’apprécier le paysage. Après le refuge de Singi, on bascule dans la vallée menant à la Fjällstation du Kebnekaise.
Aujourd’hui encore, j’ai utilisé le masque pour les yeux et pour la bouche afin de me protéger du vent de face.
Le terrain m’oblige à enlever et à remettre plusieurs fois les peaux de phoque.
Je sais que c’est l’avant dernière étape et malgré le mauvais temps, je trouve que ce premier raid en région nordique a passé trop vite !

J’ai durant toute la journée, cheminé dans des neiges complètement différentes.
A Sälka, la neige était poudreuse et fine. En milieu d’étape c’était une alternance de neige et de passages glacés. La fin de l’étape à partir de Singi s’est faite sur une neige glacée, soufflée par les vents. Ainsi vers la station du Kebnekaise la neige avait pratiquement disparu.
Etape parcourue en six heures.
 
 
04 avril : Kebnekaise : Nikkaluokta

Je me demande ce matin si je vais vraiment pouvoir skier, il y a si peu de neige.
C’est avec surprise que je découvre la rivière et le lac gelés. (Lac Ladtjojaure)
Le vent est tellement fort qu’il pousse dans la bonne direction.
Je vais parcourir 19 km en 2 heures !

Etape rapide mais qui mérite de l’attention.
En effet, le lac à certains endroits est dégelé. Je me tiens vers le bord ! Une chute dans l’eau et c’est la catastrophe. Il en est de même d’une chute sur la glace !

Nikkaluokta, est un petit centre touristique. Il y a une église et quelques huttes où il est possible de loger. C’est aussi le point de départ pour des randonnées dans la majestueuse nature lapone !Le retour sur Kiruna se fait en bus et il faut compter environ 1h de trajet.
 
 


FIN

Une page est tournée, c’est une autre saison qui commence mais la flamme ne s’éteint pas…. Elle se réactivera dès les premières neiges du mois d’octobre !


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La traversée Abisko – Nikkaluokta est un classique. Il est possible de choisir des variantes moins usitées ou de prolonger le raid.Quelques exemples possibles :

  • Abiskojaure – Unna Allakas : 400 mètres après le refuge d’Abiskojaure, prendre à droite la direction d’Abiskjaure. De Unna Allakas, il est possible de basculer en Norvège, ou bien de reprendre la direction d’Alesjaure.
  • Abisko Östra : il est possible de commencer un itinéraire depuis la station de train d’Abiko Östra.
  • Tjäktja : Au lieu de continuer en direction de Sälka, prendre la direction de Nallo (9 km – itinéraire en montée). Il est possible de descendre sur Sälka (10 Km)
  • Sälka : L’itinéraire de la Kungsleden continue en direction de Singi, puis Vakkotavare. Il est possible de choisir la variante par Hukejaure puis Ritsem. A Ritsem il est possible de continuer le raid nordique dans le massif du Padjelanta jusqu’à Kvikjokk.
    Au départ de Ritsem de nombreux itinéraires sont réalisables dans le massif du Sarek.
  • Kebnekaise Fjällstation : Au départ de Kebnekaise, il est possible d’aller jusqu’au refuge de Tarfalla. Ascension possible pour le Kebnekaise (2111 mètres)
 

























































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Itinéraire du Trek Kebnekaise :

Les étapes :
Jour 1
Abisko – Abiskojaure
15 Km

Jour 2
Abiskojaure – Alesjaure
20 Km


Jour 3
Alesjaure – Sälka
25 Km


Jour 4
Sälka – Singi – Kebnekaise
26 Km


Jour 5
Kebnekaise – Nikkaluokta
19 Km